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Si elles offrent une belle occasion d’observer les espèces fréquentant nos jardins, les mangeoires peuvent s’avérer dangereuses pour les oiseaux.

Pour bien comprendre les bénéfices et les risques, revenons au principe du nourrissage : il s’agit d’offrir une nourriture de substitution lors des grands froids qui empêchent l’accès à la ressource. Or, en Bretagne, les hivers sont suffisamment cléments pour que les oiseaux y trouvent leur nourriture.

Le froid est également une source de sélection naturelle bénéfique aux populations, puisque les animaux affaiblis par des maladies périssent plus rapidement. Un nourrissage trop important peut donc avoir des conséquences négatives sur les oiseaux en permettant à des individus contaminés de survivre et donc de transmettre des infections aux autres. D’autant que la concentration des individus en un même point favorise le développement et la propagation de certaines maladies comme la salmonellose.

Les mangeoires augmentent également le risque de prédation.

Les menaces sont donc réelles et les bénéfices discutables dans nos régions tempérées. Il est donc important de réaliser que si l’on nourrit les oiseaux, c’est avant tout pour soi : pour le plaisir de les observer et pour la sensation de les aider.

Certes, les oiseaux souffrent de la diminution de leurs ressources alimentaires due à la dégradation de leurs habitats mais la meilleure façon de les aider reste d’aménager un jardin aux essences variées et locales, capables de fournir des graines et fruits tout au long de l’année. Placer une mangeoire dans un jardin stérile revient à couper des vieux chênes bourrés de cavités naturelles et à les remplacer par des nichoirs : l’artificiel sera toujours moins adapté que le naturel et, dans le cas des mangeoires, s’avère contre-productif.

Si l’on poursuit dans sa pratique du nourrissage, il est donc nécessaire d’appliquer quelques règles simples pour minimiser les risques :

  • Réserver le nourrissage aux périodes les plus froides ;
  • Laver très régulièrement les mangeoires ;
  • Privilégier les modèles qui protègent les graines de la pluie et limitent les surfaces de contact entre individus (ex : mangeoires tubulaires) ;
  • Placer les mangeoires en hauteur et dans un espace ouvert pour limiter la prédation, et à bonne distance des baies vitrées pour éviter les collisions ;
  • Ne jamais nourrir durant la belle saison au risque de perturber la reproduction et de fournir une nourriture non adaptée aux oisillons ;
  • En cas de mortalité à la mangeoire, stopper tout nourrissage et retirer la mangeoire pour la nettoyer et la stocker.

Dans le contexte de grippe aviaire qui touche actuellement l’avifaune sauvage du département, les associations naturalistes s’inquiètent des risques de transmission au niveau de ces points de rassemblement artificiels. Plus que jamais, il est important de s’interroger sur les coûts-bénéfices du nourrissage, mais aussi de signaler toute observation de mortalité à la mangeoire. Pour cela, vous pouvez contacter le Groupe d’Études Ornithologiques des Côtes d’Armor (GEOCA) : contact-geoca@orange.fr / 02 96 60 83 75

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