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Chaque mois, nos volontaires en service civique ou des naturalistes bénévoles dressent le portrait d’une espèce visible en Côtes d’Armor. Zoom sur la Lamproie marine.

© Fédération de pêche 33

 

Faux poissons

Les lamproies ne sont pas des poissons au sens strict mais font partie d’un groupe de vertébrés aquatiques très primitif : les agnathes. Elles ne possèdent ni mâchoires, ni écailles, ni nageoires paires. Elles présentent une bouche circulaire garnie de dents qui fonctionne comme une ventouse, une série de sept pores branchiaux en arrière de l’œil, et une ou deux nageoires dorsales.

 

Photo de groupe

En France, deux espèces migratrices et parasites se côtoient : la Lamproie marine, de belle taille (60-100 cm) et marbrée, et la Lamproie fluviatile, plus petite (20-50 cm) et sans marbrures. Sédentaire et non-parasite, la Lamproie de Planer ne constituerait pas une espèce mais une autre forme biologique de Lamproie fluviatile.

 

Grandes voyageuses

Tout comme le Saumon atlantique, la Truite de mer et les aloses, les lamproies marines et fluviatiles sont des poissons migrateurs potamotoques : nées dans un cours d’eau, elles migrent vers la mer pour leur croissance puis regagnent les eaux douces pour se reproduire.

 

Transport, gite et couvert

Durant la phase de croissance en mer qui dure un à deux ans, les lamproies marines parasitent diverses espèces de poissons et de mammifères marins. Grâce à leur disque buccal, elles vivent fixées sur leur hôte, se nourrissant de sa chair et profitant de ses déplacements.

 

Trajet sans retour

Le retour des reproducteurs en eau douce se déroule de nuit de janvier à mai. Ils ne cherchent pas à rejoindre leur cours d’eau de naissance mais des tronçons occupés par l’espèce, détectés grâce aux phéromones émises par les larves. Avant l’arrivée des femelles, les mâles aménagent un nid dans un substrat grossier pour accueillir la ponte. Tous les adultes meurent après la reproduction.

 

Des larves filtreuses

Quelques semaines après l’éclosion, les larves quittent le nid, gagnent des zones à sédiments relativement fins et à courant lent en aval, et s’y enfouissent pour quatre à sept ans. Laissant dépasser leur bouche, elles se nourrissent d’algues, détritus organiques et bactéries filtrés dans l’eau. A partir de juillet, les larves de plus de 12 cm vont entamer une grande métamorphose pour se préparer à la vie marine. La migration vers la mer s’effectuera dès la fin de l’été ou au printemps suivant.

 

Et en Côtes d’Armor ?

En danger d’extinction en France, les lamproies marines se reproduisent sur les bassins versants exempts d’obstacles migratoires. En Côtes d’Armor, l’espèce n’est notée que sur la partie aval de l’Arguenon, du Gouët, du Trieux, du Leff, du Jaudy et du Léguer.

 

N’hésitez pas à nous transmettre vos observations.

Plus d’informations sur la biodiversité marine.

 

La diffusion des actualités du Réseau des naturalistes costarmoricains est soutenue par la Région Bretagne et le dispositif du Service Civique (Ministère de l’Éducation Nationale).

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