Chaque mois, nos volontaires en service civique ou des naturalistes bénévoles dressent le portrait d’une espèce visible en Côtes d’Armor. Zoom sur l’Écureuil roux, par Gilles Pichard, naturaliste bénévole.
© Gilles Pichard
Tout le monde connaît cet emblématique rongeur arboricole, acrobate de nos forêts et de nos parcs urbains, qu’il colonise d’autant plus volontiers qu’il y bénéficie tout à la fois de leurs ressources alimentaires et des friandises, telles que les noix et noisettes, que les promeneurs dispersent parfois à son intention.
En lien avec ses nourritures favorites, l’Écureuil roux (Sciurus vulgaris) fréquente aussi bien les bois que le bocage et les jardins arborés où il aime faire des incursions. En effet, l’Écureuil roux est un grand consommateur de fruits secs à coque, mais aussi de graines de nombreux arbres : faines du hêtre, châtaignes, graines de frêne, érable, charme, tilleul, orme pour les feuillus ; pignons de pins et graines d’épicéa principalement pour les conifères.
Mais il sait aussi profiter des baies, fruits sauvages ou champignons et adopte un régime opportuniste, calqué sur la succession saisonnière de l’offre nourricière de son habitat.
En cas de nécessité ou de disette, notamment en première partie de printemps où les disponibilités végétales sont encore rares, il est également capable de consommer des insectes et leurs larves, des escargots, des vers et même des œufs ou des oisillons au nid si l’occasion se présente.
D’une prévoyance avisée, il constitue des stocks alimentaires en période d’abondance automnale qui l’aideront à passer l’hiver. Il les disperse sur son territoire dans des cavités d’arbres ou les enfouit dans le sol à l’abri des convoitises.
Parallèlement à ces provisions, bien souvent pléthoriques, dans lesquelles il puise durant la mauvaise saison, il aménage dans les arbres des amas sphériques de brindilles, garnis de feuilles et d’herbes sèches, où il se réfugie douillettement quand les températures chutent. En effet, à la différence d’autres rongeurs du même sous-ordre comme le Loir gris qui tombe en léthargie hivernale, l’Écureuil roux se contente de suspendre ses activités en période de grand froid.
La queue en panache de l’écureuil est un appendice qui lui sert tour à tour de balancier et de gouvernail quand il évolue dans les ramures, de parachute et d’amortisseur lors de ses sauts spectaculaires d’un arbre à l’autre, de couverture quand il se pelotonne pour dormir, et de signal visuel pour traduire ses émotions en période de reproduction ou lorsqu’il est inquiété.
Toujours sur le qui-vive pour échapper à ses nombreux prédateurs, dont la Martre des pins et certains rapaces diurnes forestiers tel que l’Autour des palombes, ou à la prédation des portées par les corvidés, il doit son salut à sa rapidité et à son agilité.
En s’approchant des habitations, il peut être victime de collisions routières aux endroits qu’il est contraint de franchir au sol et devient une proie pour les chats domestiques.
Dépassant rarement les 6 ans, toute son existence se passe au rythme effréné d’une quête incessante de nourriture pour couvrir ses énormes dépenses énergétiques.
Peu prolifique avec généralement une seule portée par an, de 5 petits au maximum et n’ayant qu’un faible taux de survie, l’Écureuil roux voit cependant ses populations se maintenir globalement sur ses sites de reproduction. Tel n’est pas le cas, en revanche, là où l’Écureuil gris importé d’Amérique du Nord finit par l’évincer, comme on peut le déplorer en Grande Bretagne par exemple.
N’hésitez pas à nous transmettre vos observations.
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