AviTrack Baie de Saint-Brieuc : bilan de la saison et premières analyses
La saison de capture d’anatidés et limicoles 2025-2026 est clôturée, c’est l’heure du bilan !
Cet hiver, les équipe de la Réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc et de VivArmor Nature se sont à nouveau mobilisées pour les captures des espèces étudiées dans le programme de recherche AviTrack. Les individus capturés sont équipés d’une balise GPS qui enregistre les coordonnées géographiques de l’individu tous les quarts d’heure environ. Ces données font l’objet d’analyses pour mieux comprendre la fonctionnalité de l’avifaune migratrice hivernante de la baie de Saint-Brieuc.
Les sessions de capture sont animées grâce au réseau de passionné.es, ornithos, bagueurs (et tout ça en même temps !) costarmoricains, bretons et d’ailleurs. Merci à tous les collègues et bénévoles qui ont participé aux manips, notamment pendant les nuits (Olivier Augé et Jean-Michel Erraud du SD22, l’équipe de la réserve naturelle des Sept-Iles, les collègues du GEOCA, Morgane Oisel, Clément Jourdan).
Pendant cet hiver, nous avons capturé et équipé d’une balise GPS 10 Huitriers pie, 13 Bécasseaux maubèche, 4 Courlis cendrés, 2 Pluviers argentés et 22 Bernaches cravant. Par ailleurs, nous avons eu la chance de capturer d’autres espèces qui ne sont pas étudiées dans le programme, mais les individus ont été bagués (uniquement bague métal) donc vous pourrez peut-être les apercevoir dans vos longues-vues : 1 Tadorne de Belon, 1 Petit gravelot, 1 Chevalier gambette, 19 Bécasseaux variables, 39 Bécasseaux sanderling et 1 Chevalier guignette.
Les premiers résultats : cartographies d’utilisation de l’espace
L’hiver dernier, nous avions équipé 31 oiseaux, dont 14 Bernaches cravant et 14 Bécasseaux maubèches. Voici les premiers résultats des analyses exploratoires, sous forme de cartographies représentant la distribution spatiale des individus. La distribution d’utilisation est déterminée grâce à la méthode « Kernel density estimates » (KDE) qui donne une probabilité d’utilisation de l’espace. On peut alors délimiter une aire vitale (isopleth 95%) et une zone cœur (isopleth 50%) au sein de l’espace utilisé par l’individu.
Cartographies des zones d’habitat de deux Bernaches cravant équipées pendant l’hiver 2024-2025
Pour ces premières analyses, nous avons représenté les distributions des points enregistrés la journée séparées des distributions des points enregistrés la nuit, et les deux ensembles. En comparant uniquement ces deux individus, on observe déjà plusieurs résultats intéressants.
Les bernaches s’alimentent sur l’estran où elles se nourrissent d’ulves, dans les prés salés où elles s’alimentent de puccinéllies, et fréquentent également les parcelles agricoles pour se nourrir de jeunes pousses de blé, comme c’est le cas de l’individu BRABER_9. Cette bernache a utilisé plusieurs parcelles agricoles, uniquement en journée. L’individu BRABER_6, au contraire, a fréquenté en majorité les prés salés la journée.
On observe que les zones d’utilisation sont plus étendues la nuit par rapport à la journée, et sortent du périmètre de la réserve (ligne verte), voire se situent dans la zone des bouchots (rectangles noirs).
Enfin, les bernaches fréquentent des zones ayant une forte activité humaine, telles que le port (en dehors de la réserve, à l’ouest) et la zone des bouchots.
Ces premiers résultats seront bientôt enrichis par les jeux de données des individus équipés cet hiver, et complétés par d’autres analyses plus précises.