Chaque mois, nos volontaires en service civique ou des naturalistes bénévoles dressent le portrait d’une espèce visible en Côtes d’Armor. Zoom sur la Fauvette pitchou, par Gilles Pichard, naturaliste bénévole.
© Gilles Pichard
Qu’elles soient littorales ou intérieures, les landes bretonnes dominées par les ajoncs constituent l’habitat presque exclusif de la Fauvette pitchou (Curruca undata), dont la taille réduite lui vaut son nom issu du provençal.
Ces landes ont fortement régressé au cours du siècle passé, durant lequel elles ont été largement boisées en conifères, parfois mises en culture en Bretagne intérieure et transformées par l’urbanisation sur la frange littorale. Leur disparition progressive a entraîné conjointement la raréfaction de ce petit passereau furtif et très vif, qui se complaît à évoluer dans l’entrelacs de ces formations végétales basses et impénétrables où il niche à l’abri des dérangements. Ce qui subsiste des landes bénéficie aujourd’hui de mesures de protection, du moins pour celles constituant de grandes unités à enjeux environnementaux et paysagers. Mais les landes morcelées de moindre surface qui sont dispersées le long du littoral sont elles aussi en capacité d’accueillir quelques couples de Fauvette pitchou, d’où l’importance de les préserver durablement par toute disposion appropriée (réglementaire ou foncière).
On recherchera donc l’oiseau dans ces milieux spécifiques répondant à ses exigences. Insectivore strict, il s’y nourrit de proies à sa taille, comprenant de modestes papillons et leurs chenilles, des mouches, des petits coléoptères et des araignées, sur lesquelles l’oiseau se rabat pour traverser la mauvaise saison puisque l’espèce ne migre pas. Lors des hivers trop rudes, on peut toutefois assister à des petits déplacements plus au sud ou vers les côtes, où les conditions sont plus clémentes.
Difficile à observer, la Fauvette pitchou se repère pourtant aisément à son chant en période nuptiale, tout autant pour attirer le partenaire sexuel que pour marquer le territoire occupé. De brefs survols trahissent également l’occupation du territoire. Dès les premiers rayons de soleil de mars, parfois plus précocement encore, ces manifestations sonores signalent la présence des couples cantonnés. En dehors de cette période de frénésie, seul le cri d’alerte (un ping prolongé caractéristique) trahit leur présence.
Après identification à l’oreille, il faudra s’armer de patience pour enfin voir émerger un individu de son inextricable écrin végétal. Le contact sera fugace, car les oiseaux sont méfiants et prompts à replonger sous couvert.
Détailler leur silhouette svelte prolongée d’une longue queue érectile souvent en position redressée, remarquer le sommet du crâne aux plumes ébouriffées, distinguer les pattes jaune d’or, apprécier la subtile couleur lie de vin de la poitrine et les ponctuations blanches de la gorge chez les mâles, ou encore découvrir l’œil orangé cerclé de rouge, n’est pas chose aisée… et se mérite tout autant que la photo nette d’un individu posant à découvert !
N’hésitez pas à nous transmettre vos observations.
Plus d’informations sur les oiseaux.
La diffusion des actualités du Réseau des naturalistes costarmoricains est soutenue par la Région Bretagne et le dispositif du Service Civique (Ministère de l’Éducation Nationale).
