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Chaque mois, nos volontaires en service civique ou des naturalistes bénévoles dressent le portrait d’une espèce visible en Côtes d’Armor. Zoom sur le Bouvreuil pivoine, par Gilles Pichard, naturaliste bénévole.

© Gilles Pichard

Véritable joyau de l’avifaune, le Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula) est hélas trop rare.

Seules quelques landes et friches parsemées d’arbres et de fourrés épineux continuent à en héberger quelques couples qui s’y reproduisent fidèlement, en édifiant un nid de brindilles tressées bien dissimulé dans l’étage bas la végétation.

Espèce sédentaire ou partiellement migratrice sous nos latitudes, ses populations sont confortées à la mauvaise saison par la présence d’individus septentrionaux fuyant les rigueurs de l’hiver.

Particulièrement farouche et d’une discrétion remarquable malgré le plumage éclatant du mâle (voir photo), les contacts avec cette espèce sont difficiles, d’autant que les oiseaux ont une étonnante capacité à se dissimuler dans la végétation.

De la famille des fringillidés, comme le pinson dont il a sensiblement la taille, le bouvreuil est doté du fort bec conique propre à son régime granivore, mais nourrit ses poussins en capturant des insectes et autres invertébrés, qui entrent avec parcimonie dans l’alimentation de l’adulte.

Dans les régions de montagne, il s’intéresse aux graines de pin et de sapin, alors qu’en plaine, ce sont les charmes et les érables qui l’attirent. Les herbacées à grosses graines, tel que le chénopode par exemple, complètent son menu.

À la belle saison, il prospecte les arbres et arbustes fruitiers à la recherche des baies, dont il élimine généralement la pulpe au profit des graines. Tôt en saison, il montre une prédilection pour les jeunes prunelles qui lui offrent une ressource précoce et abondante de graines encore molles.

En cas de disette, au sortir de l’hiver, il consomme les bourgeons succulents des vergers, ce qui lui a valu mauvaise réputation auprès des arboriculteurs.

Tout aussi discret dans ses manifestations sonores, il faut prêter attention à son plaintif cri flûté, portant loin malgré sa faible intensité, pour disposer d’un indice de sa présence dans les milieux qu’il affectionne.

L’observer à découvert, même à bonne distance, réclamera beaucoup de patience et de tranquillité.

 

N’hésitez pas à nous transmettre vos observations.

Plus d’informations sur les oiseaux.

 

La diffusion des actualités du Réseau des naturalistes costarmoricains est soutenue par la Région Bretagne et le dispositif du Service Civique (Ministère de l’Éducation Nationale).

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