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Chaque mois, nos volontaires en service civique ou des naturalistes bénévoles dressent le portrait d’une espèce visible en Côtes d’Armor. Zoom sur le Râle d’eau (Rallus aquaticus) par Gilles Pichard, naturaliste bénévole.

© Gilles Pichard

 

Cet oiseau de la taille d’une tourterelle fait partie de la famille des rallidés, tout comme la très commune Gallinule poule-d’eau dont il a la démarche saccadée, queue agitée de soubresauts nerveux.

Il s’agit d’une espèce aux mœurs secrètes qui vit dans les zones humides aux eaux peu profondes, qu’elles soient douces ou salines, mais à la condition d’être encombrées de végétation herbacée ou arbustive basse. L’oiseau peut d’ailleurs se contenter d’espaces très réduits, parfois de simples mares non entretenues entourées de prairies humides abandonnées et de saulaies en partie noyées. Mais ses milieux préférentiels restent les marais salants, les roselières, les queues d’étangs marécageuses et les milieux lacustres ceinturés de hautes herbes dans lesquelles il se faufile avec aisance et grande discrétion.

Espèce figurant toujours sur la liste du gibier d’eau chassable en France bien que ses populations soient mal connues et globalement restreintes, le Râle d’eau fait heureusement montre d’une grande prudence et n’évolue que très rarement à découvert. Capable de nager, il se déplace toutefois principalement en marchant très précautionneusement dans les fossés et les coulées naturelles du fouillis végétal où se déroule son cycle de vie.

Le régime alimentaire du Râle d’eau comporte de nombreux mollusques, des vers et des sangsues, délogés dans la vase grâce à son long bec semblable à celui des limicoles, des insectes aquatiques et leurs larves, des crevettes, crabes, gammares ou écrevisses selon l’habitat fréquenté et même des petits poissons à l’occasion.

Particulièrement difficile à observer, le Râle d’eau trahit sa présence par ses cris répétés et généralement crépusculaires en période de formation des couples. Dans la journée, c’est aussi une manière de donner l’alerte en cas dérangement. Ce cri étrange s’élevant des profondeurs d’une zone humide n’est pas sans rappeler celui d’un porc à l’abattoir. Si on en ignore l’auteur, qui reste évidemment invisible, il peut se révéler quelque peu intriguant voire angoissant.

Malheureusement, il faut souvent se contenter de cette seule manifestation sonore, d’ailleurs bien commode pour confirmer la présence de l’espèce sur un site, à moins de rester un long moment immobile et silencieux pour voir passer, peut-être, notre furtif habitant du marais.

Les populations bretonnes de Râle d’eau sont en grande partie sédentaires, à la différence des oiseaux plus nordiques qui sont migrateurs et dont une partie du contingent passe la mauvaise saison en compagnie des locaux de l’étape !

 

N’hésitez pas à nous transmettre vos observations.

 

La diffusion des actualités du Réseau des naturalistes costarmoricains est soutenue par la Région Bretagne et le dispositif du Service Civique (Ministère de l’Éducation Nationale).

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