Breizh Natur’adapt
Le projet Breizh Natur’adapt regroupait 6 réserves naturelles qui se sont lancées dans une réflexions vis-à-vis des changements climatiques. En 2025, Pauline Ollivier, stagiaire à la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc, a réalisé son stage de fin d’étude sur la question des changements climatiques. Elle a dressé un état des connaissances sur la baie de Saint-Brieuc à travers un récit climatique et un diagnostic de vulnérabilités et d’opportunité de la réserve naturelle. Tout son travail est consultable sur ce lien !
A la suite de cela, l’équipe de la réserve naturelle a élaboré un plan d’adaptation face au changement climatique. Le plan d’adaptation est consultable ici.
Zoom sur la mission de gestionnaire
Les gestionnaires de la réserve naturelle ont trois grandes missions au quotidien : protéger, gérer et sensibiliser. Ces grandes missions se traduisent à travers un plan de gestion qui définit différentes actions menées par l’équipe gestionnaire.
La réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc est quasiment intégralement en libre évolution. Très peu de mesures de gestion interventionnistes sont mises en place, seulement sur certains petits secteurs de Bon Abri : canalisation du public, maintien de l’ouverture de prairies avec de la fauche et export de la matière organique. Deux zones de protection renforcée sont mises en place sur le Gouessant et les prés-salés. La mission de surveillance et de police est une mission essentielle sur le territoire de la réserve naturelle, afin de faire respecter la réglementation et ainsi protéger efficacement la faune, la flore et les habitats. Le développement d’activités humaines est à prévoir avec les changements climatiques sur la réserve naturelle. Une mission essentielle de la réserve naturelle est l’acquisition de connaissances pour améliorer la protection du patrimoine naturel. Cela passe par des suivis, des études, des programmes de recherches… La communication et la sensibilisation, assurées par divers organismes (maison de la baie, Litt’Obs, Réserve naturele…) sont des leviers essentiels pour la protection de l’environnement et l’adaptation aux changements climatiques.
Le diagnostic de vulnérabilités et d’opportunités : les principales conclusions
Les principaux facteurs qui auront un impact : la hausse des températures de l’air, les tempêtes, les précipitations
- Limitation des activités à l’extérieur en cas de fortes chaleurs (animations, actions de gestion, surveillance…)
- Mise en place de nouveaux suivis et nouvelles études en lien avec les changements climatiques
- Plus de surveillance l’hiver avec les températures plus douces (hausse de la fréquentation) et donc une répartition des pratiques sur des périodes plus sensibles
- Plus d’activités sportives à encadrer (développement de nouvelles activités)
- Développement de stratégies d’adaptation aux changements climatiques
- Nouvelles collaborations (entre acteurs, avec des scientifiques)
- Sujet des changements climatiques plus présent lors des temps de sensibilisation et d’animations
Quelles capacités d’adaptation :
- Plus de communication sur le sujet
- Adapter les horaires de travail et des actions de gestion
- Adapter les créneaux de surveillance
- Evolution des zones de protection et des réglementations
- Impliquer de nouveaux experts dans les collaborations
Des facteurs extérieurs vont influencer l’adaptation des gestionnaires : le temps de travail, mobilisation des bénévoles, réseau avec les autres forces de police, volontés politiques, la connaissance plus ou moins bonne de la réserve naturelle…
Les missions de surveillance occupent une grande part des activités de la réserve. Les changements climatiques induisant des modifications des activités humaines (intensité, type, saisonnalité, …), il est nécessaire que les actions de surveillance s’adaptent à ces évolutions. Les changements climatiques ouvrent la voie vers de nouveaux sujets d’études qui permettraient de mieux comprendre ses effets. La réserve devient alors un laboratoire à ciel ouvert permettant d’anticiper et d’analyser les changements en cours. Par son équipe dédiée, la réserve à la capacité de mettre en œuvre de nouveaux suivis, dont les données seront utiles à l’échelle du territoire. Cela renforce alors sa légitimité et permet d’améliorer l’image de la réserve auprès du grand public. Ils représentent aussi malgré tout une opportunité de réflexion commune pour le socio-écosystème de la baie de Saint-Brieuc. La réserve peut alors être motrice dans les discussions liées à ces sujets. Le réseau d’acteurs gravitant autour de la réserve est ainsi amené à s’agrandir, et, à condition que les conflits préexistants ne s’intensifient pas, leur collaborations à se renforcer .
Si les changement climatiques modifient les conditions d’intervention des bénévoles et des structures d’animations, ils s’imposent surtout comme un nouveau sujet de sensibilisation. En intégrant cette thématique centrale dans leurs actions, la réserve, son réseau bénévole et les structures d’animation peuvent renforcer l’engagement citoyen, éclairer le grand public sur les enjeux écologiques locaux et globaux, et fédérer autour de solutions concrètes pour atténuer les pressions sur des écosystèmes déjà fragilisés.
Quelle stratégie d’adaptation ?
A moyen terme, la réserve souhaite :
- Améliorer les connaissances sur les usages et adapter la réglementation en fonction des nouveaux enjeux et des activités humaines.
- Développer les connaissances sur les changements climatiques et leurs conséquences sur le patrimoine naturel.
- Communiquer la connaissance sur les changements climatiques envers les acteurs, les usagers et le grand public.