Breizh Natur’adapt
Le projet Breizh Natur’adapt regroupait 6 réserves naturelles qui se sont lancées dans une réflexions vis-à-vis des changements climatiques. En 2025, Pauline Ollivier, stagiaire à la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc, a réalisé son stage de fin d’étude sur la question des changements climatiques. Elle a dressé un état des connaissances sur la baie de Saint-Brieuc à travers un récit climatique et un diagnostic de vulnérabilités et d’opportunité de la réserve naturelle. Tout son travail est consultable sur ce lien !
A la suite de cela, l’équipe de la réserve naturelle a élaboré un plan d’adaptation face au changement climatique. Le plan d’adaptation est consultable ici.
Zoom sur l’avifaune
Le périmètre d’étude s’étendait à l’est jusqu’à l’îlot du Verdelet à Pléneuf-Val-André.
La baie de Saint-Brieuc accueille chaque hiver environ 35 000 oiseaux migrateurs, principalement des limicoles, des anatidés et des laridés. Ce sont des espèces d’oiseaux d’eau qui effectuent parfois de très longs voyages comme c’est le cas par exemple de la Bernache cravant (dont vous pouvez retrouver des infos sur cette page).
Dans le fond de baie, une colonie d’oiseaux marins nicheurs est aussi présente sur l’îlot du Verdelet à Pléneuf-Val-André. 9 espèces se reproduisent sur cet îlot comme les Goélands argenté, marins et bruns, ou encore le Cormoran huppé.
Le diagnostic de vulnérabilités et d’opportunités : les principales conclusions
Les principaux facteurs qui auront un impact : l’élévation du niveau marin, les fortes températures (vagues de chaleur), les tempêtes, les précipitations.
- Fortes chaleurs : affaiblissement général (diminution de la fécondité, perte des poussins)
- Modification de la disponibilité des proies et de leur distribution
- Modification des dates des arrivées et des départs en migration (modification des dates de pontes)
- Modification des disponibilités de sites de pontes (haut de plage recouvert par la montée des eaux par exemple)
- Affaiblissement avec les tempêtes
- Modification des aires de répartition
L’avifaune a certaines capacités d’adaptation, bien que celles-ci dépendent des espèces considérées :
- Adaptation de l’alimentation, pour les espèces plus opportunistes (changement de proies, ou de zones d’alimenbtation)
- Evolution des sites et périodes de reproduction et de migration (dans une certaine mesure)
Des facteurs extérieurs vont influencer leur adaptation : dérangement, perte d’habitats, maladies, trame noire, statut de protection de l’îlot du Verdelet…
Les comptages réguliers réalisés par les bénévoles et l’équipe de la réserve permettent de suivre l’évolution des effectifs d’oiseaux depuis 1970 dans le fond de baie. Les effets les plus visibles sont les changements des dates d’arrivée et des effectifs de certaines espèces (Grèbes huppés, Hérons garde-boeufs). Leur présence à long terme sur le site dépend fortement de l’évolution de l’estran, puisqu’il est le support de leur alimentation. Bien que ces espèces soient capables de s’adapter en tolérant des variations climatiques ou faisant évoluer leurs lieux d’hivernage, de nombreuses activités humaines (pêche, parc éolien, tourisme et activités de loisir, …) fragilisent leur résilience. Il est donc important de favoriser un bon réseau d’aires protégées pouvant les accueillir.
Le suivi des nids sur la réserve et sur l’îlot du Verdelet permet d’identifier les difficultés auxquelles font face les nicheurs. Les effets les plus connus sont les baisses démographiques causées par les fortes chaleurs et les difficultés liées aux disponibilités des ressources alimentaires. Bien que ces espèces soient capables de s’adapter en ajustant leur lieu et période de reproduction ou leur régime alimentaire, d’autres paramètres comme le dérangement ou les épidémies de grippe aviaire affectent leur succès reproducteur. Le statut de protection de sites de nidification permet de mobiliser des moyens pour limiter les pressions s’exerçant sur les nicheurs, ce qui ne serait pas possible en dehors de ces périmètres. Il est donc important de favoriser un bon réseau d’aires protégées pouvant les accueillir.
La vulnérabilité de l’avifaune est forte face aux changements climatiques.
Quelle stratégie d’adaptation ?
A moyen et long terme, la réserve naturelle souhaite maintenir et protéger des zones de quiétude et d’alimentation ainsi que les sites de nidification. L’objectif est de garder des zones d’accueil quelque soit l’évolution du peuplement avifaunistique et la phénologie de la présence des oiseaux. La stratégie sera donc d’accompagner les changements. Plusieurs actions sont envisagées :
- Suivi de l’arrivée de nouvelles espèces
- Etudes sur la colonie de l’îlot du Verdelet
- Protection plus efficace des zones de reposoirs et des zones d’alimentation (inclusion de nouvelles zones de reposoirs en périmètre protégé, statut de protection de l’îlot, mise en protection des zones d’alimentation)
- Communication envers les acteurs, les élus et le grand public.