Breizh Natur’adapt
Le projet Breizh Natur’adapt regroupait 6 réserves naturelles qui se sont lancées dans une réflexions vis-à-vis des changements climatiques. En 2025, Pauline Ollivier, stagiaire à la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc, a réalisé son stage de fin d’étude sur la question des changements climatiques. Elle a dressé un état des connaissances sur la baie de Saint-Brieuc à travers un récit climatique et un diagnostic de vulnérabilités et d’opportunité de la réserve naturelle. Tout son travail est consultable sur ce lien !
A la suite de cela, l’équipe de la réserve naturelle a élaboré un plan d’adaptation face au changement climatique. Le plan d’adaptation est consultable ici.
Zoom sur la production primaire
Le terme production primaire désigne la transformation de la matière minérale en matière organique, essentiellement assurée par les processus de photosynthèse. Cette fonction est assurée par cinq principaux producteurs primaires dans la baie de Saint-Brieuc : le phytoplancton dans la colonne d’eau (majoritairement), le microphytobenthos (algues unicellulaires vivant sur le sédiment, et pouvant être mises en suspension par les marées), végétaux des prés salés, herbiers de zostères et macro-algues. Ce sont les tous premiers maillons des chaînes alimentaires. La suite des éléments présentés concerne le phytoplancton et le microphytobenthos.
Le plancton (algues et animaux microscopiques) constitue la base des réseaux alimentaires marins, ce qui en fait un indicateur important de l’état des écosystèmes et notamment les changements environnementaux. Les changements dans les communautés et les dynamiques de plancton peuvent affecter les niveaux supérieurs du réseau alimentaire, tels que les mollusques, les poissons et les oiseaux marins, qui sont soutenus directement ou indirectement par le plancton.
Le diagnostic de vulnérabilités et d’opportunités : les principales conclusions
Les principaux paramètres climatiques qui affectent le plancton sont les variations de précipitations, la hausse des températures marines, l’acidification des eaux et l’ensoleillement.
- Changements dans les blooms de plancton (durée des blooms, temporalité) et décalage avec le zooplancton (partie animale du plancton, constitué de petits crustacés et de larves)
- Difficultés à accéder aux nutriments ce qui favorise du plancton de petite taille
- Hausse de l’activité de prédation par le zooplancton
- Changement dans les espèces des communautés planctoniques (modification de la disponibilité des ressources)
- Favorisation de blooms toxiques (pour la faune comme pour nous)
Le plancton présente certaines capacités d’adaptation :
- Cycle de vie très court : capacité d’adaptation plus importante
- Certaines espèces dominantes peuvent d’adapter à la hausse des températures et de l’ensoleillement (mais pas aux modifications de disponibilité de nitrates)
–> Globalement, le plancton présente peu de capacité d’adaptation et risque d’être touché fortement par les changements climatiques
Des facteurs extérieurs vont influencer son adaptation : turbidité de l’eau, stratification de la colonne d’eau, apports d’eau douce, marées vertes (compétition avec le phytoplancton)
Les principaux changements concernant la production primaire en Manche sont la structure et composition des communautés phytoplanctoniques ainsi que la saisonnalité et la durée des blooms. Dans l’ensemble, une baisse de l’activité de production primaire est attendue. En étant à la base du réseau trophique, ces changements impactent ensuite le reste du réseau. Par ailleurs, les nouvelles conditions environnementales risquent de favoriser l’apparition de blooms phytoplanctoniques toxiques. D’après la littérature scientifique, les communautés phytoplanctoniques disposent tout de même d’une bonne capacité d’adaptation à la hausse des températures chroniques, mais sont plus sensibles aux évènements extrêmes comme les vagues de chaleurs.
Quelle stratégie d’adaptation ?
A moyen terme, la Réserve souhaite acquérir de la connaissance.
- Mettre en place des suivis et acquérir de la connaissance sur les paramètres physico-chimiques de l’estran, sur la production primaire en baie de Saint-Brieuc
- Limiter les pressions sur la ressource en eau
- Participer à la concertation autour de la gestion de l’eau et des marées vertes
- Collaboration avec des scientifiques et des acteurs du territoire
- Communiquer sur ce maillon essentiel des chaînes alimentaires