Chaque mois, nos volontaires en service civique ou des naturalistes bénévoles dressent le portrait d’une espèce visible en Côtes d’Armor. Zoom sur le Torcol fourmilier (Jynx torquilla) par Gilles Pichard, naturaliste bénévole.
© Gilles Pichard
Peu de personnes connaissent cet étrange et discret petit oiseau longiligne de 17,5 cm de longueur (l’équivalent d’une bergeronnette), apparenté aux pics et dont le plumage mimétique lui permet de se fondre dans son environnement, comme l’illustrent les photos.
Ce camouflage est bien commode quand il est plaqué contre un tronc puisque l’oiseau est arboricole, du moins sur ses sites de reproduction. Et quand il prospecte au sol, les motifs de son plumage font aussi bien l’affaire.
L’autre raison de cette confidentialité de l’espèce tient au fait qu’elle ne semble désormais plus du tout nicher en Bretagne. C’est donc au passage migratoire post reproduction vers les zones sub-sahariennes, où le Torcol fourmilier passe la mauvaise saison, que s’effectuent les quelques contacts avec les observateurs qui ont la chance de le repérer. L’essentiel de ces belles rencontres a lieu le long des côtes, de la mi-août à début octobre, et majoritairement dans les milieux secs et entrouverts comme les dunes, landes, friches et pelouses littorales.
Tout comme les autres pics, le Torcol fourmilier élève ses couvées dans un trou d’arbre qu’il est cependant incapable de creuser lui-même, ce qui le rend tributaire des autres pics ou des cavités naturelles disponibles. En compétition avec beaucoup d’autres oiseaux tout comme lui cavicoles, comme l’Étourneau sansonnet notamment, ceci expliquerait pour partie sa raréfaction voire sa disparition de certains sites.
Comme son nom l’évoque, le régime alimentaire du torcol est presque exclusivement composé de fourmis qu’il capture au sol grâce à sa longue langue visqueuse.
Quant à la mobilité de rotation de son cou, elle est également à l’origine de sa dénomination.
N’hésitez pas à nous transmettre vos observations.
La diffusion des actualités du Réseau des naturalistes costarmoricains est soutenue par la Région Bretagne et le dispositif du Service Civique (Ministère de l’Éducation Nationale).
