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Nids de Cormorans huppés sur l’îlot du Verdelet

Partout, la faune sauvage a souffert des épisodes de canicule exceptionnels survenus en mai et juin. Sur les sites protégés, les impacts sont plus facilement identifiables et quantifiables du fait des suivis menés.

Gestionnaire de la Réserve ornithologique de l’îlot du Verdelet depuis 2003, VivArmor Nature est chargée du suivi et de la protection des 600 couples des 9 espèces d’oiseaux qui y nichent chaque année de janvier à septembre. Le suivi de la colonie repose sur le dénombrement des couples nicheurs (à vue et par drone) et sur l’évaluation de la production en jeunes chez les cormorans (à vue).

Les passages réguliers effectués pour dénombrer les poussins de cormorans ont permis de constater que l’épisode de canicule survenu en mai a engendré une mortalité importante chez les jeunes cormorans huppés. Sur la face Sud-Est, seuls 6 poussins issus de 3 nids étaient encore vivants lors du passage réalisé juste après la canicule (29 mai). Les 35 autres nids de cette face très exposée étaient abandonnés par les adultes et des cadavres de poussins étaient visibles dans ou à proximité des nids. Sur la face Nord-Ouest offrant de meilleures conditions thermiques, seul un tiers des nids avait disparu (tableau ci-dessous). Cet épisode inédit pour un mois de mai est intervenu au moment où la quasi totalité des jeunes avaient moins de 3 semaines.

Touchant des individus plus âgés, l’épisode de canicule survenu en juin a été moins délétère chez les cormorans huppés : la majorité des juvéniles comptabilisés avant les chaleurs ont été revus après (1er juillet). Toutefois, un autre passage sera nécessaire pour affiner les chiffres car les jeunes étaient concentrés dans une zone empêchant de progresser sans risquer de les mettre à l’eau.

Chez les goélands qui représentent l’essentiel des effectifs sur le site (400 des 600 couples), les effets de ces deux épisodes caniculaires sont difficilement mesurables car seuls les couples sont comptés par drone durant la première quinzaine de mai. Néanmoins, il est possible de dire que moins de 20 jeunes sont actuellement visibles sur la face Sud-Est qui pourrait en accueillir 50 à 100 au vu des nids recensés les 8 et 12 mai. Au-delà de la chaleur accablante et de la pierre brulante, des usagers nautiques ont également rapporté que des poussins de goélands encore en duvet se sont jetés à l’eau durant les heures les plus chaudes. Pris par les courants, certains n’ont pas pu regagner l’îlot et se sont probablement noyés.

A ce titre, nous sommes preneurs de tout signalement de poussins flottants ou de cadavres échoués sur les plages de Pléneuf-Val-André. N’hésitez pas à nous contacter à l’adresse suivante : delphine.even@vivarmor.fr.

Nous partagerons vos signalements avec le Groupe d’Études Ornithologiques des Côtes d’Armor (GEOCA) qui centralise toutes les observations permettant de documenter ces phénomènes exceptionnels, malheureusement amenés à se répéter et s’intensifier avec les changements climatiques en cours > voir appel du GEOCA.

Face Sud-Est, offrant peu d’ombre aux oiseaux

Face Nord-Ouest, plus clémente pour les oiseaux

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